Portrait chinois d'une équipe

Nous avons demandé à chacune et chacun de notre petite équipe franco-suisse, travaillant sur D'Ombres et d'Ailes de répondre à ce portrait chinois... assez orienté, il faut l'avouer :


 - si tu étais une ombre, ce serait l'ombre de quoi ?
 - si tu étais un arbre, le quel serais-tu ?
 - si tu devais t'enraciner quelque part, ce serait où ?
 - si tu étais bleu, quel bleu serais-tu ?
- si tu volais, que voudrais-tu survoler ?

Avant de vous donner leurs réponses, qu'auriez-vous donc répondu, vous ?

We are living in a blue blue submarine !!!!!!!!



Voilà. C'est votre cadeau de Noël, chers followers de blog dombresetdailesques :
un mythique gif des grandsailes, sortis de leur caverne pour fouler de leurs pattes fines, l'incontournable Abbey road !

Et comme ça sent le sapin, parce qu'on perd peu à peu nos plumes d'animatrices, coloriste, graphiste : Johanna hier, Shinta, Natacha, Zoé et Axel demain, je vais vous préparer le "portrait chinois" de toute la belle et fine équipe pour la trêve hivernale !

Mais que montrent donc ces doigts tendus ?


Pour celle ou celui qui aura la bonne réponse, une entrée gratuite à la projection future de "D'Ombres et d'Ailes" !

Un film fait de prénoms...

Eleonora, Elice, Gaëlle, Gwendal ou Morris, c'est selon, Johanna, Zoé, Shinta, Natacha, Tristan, Axel, bientôt Elise, Mathieu I, Nicolas I !
Et Nicolas II... Et Mathieu II s'il dit oui !
Sans compter Ciobeck, Moann, Bubul et Cie...

il en tient des personnalités sur un promontoire pendant 12 minutes !


ça va bon train...

7000 images sur 20000,  c'est presque 2/3 du film qui sont animés ! Cela veut dire que Johanna, Gwendal, Shinta, Natacha et Axel, du bout de leurs stylets, avec les posing d'Eleonora, ont mis en mouvement, en moove, en vie, 7000 images... Ca donne le tournis, et ça donne envie de vous montrer !!! Allez, juste deux petites secondes...
Pour le moment, les animations sont réalisées sans colorisation. Il s'agit du trait, qui ensuite sera empli des nuances de bleues qui font les corps de nos oishommes.

Et il s'agira ensuite d'intégrer les décors qui n'attendent qu'à se révéler en arrière-plan de nos personnages, qu'il faudra coloriser... image par image aussi !
Et enfin, ... après qq petits mois, d'appeler à la rescousse un(e) faiseur(se) de "compositing", qui viendra nous faire des merveilles dans la compo des scènes et l'effet de flou-proche-lointain du fond.
Et pis... le son, la musique, le montage, enfin, des bricoles...


video


de l'ombre...


L'ombre... un personnage à part entière dans notre film.
qui nous emmène même jusqu'à Jung et à la psychologie analytique !

Nos ombres, ne disent-elles pas surtout nos espoirs encavernés ?

Musique !

Le tout talentueux compositeur Nicolas Martin vient de dire OUI ! à d'Ombres et d'Ailes, OUI ! pour créer la bande originale du film, OUI ! pour donner la vie sonore à nos images, OUI ! pour sublimer et porter notre petit objet visuel de son ouïe fine et délicate, OUI ! pour notre plus grand plaisir et notre grande fierté, vu le palmarès du Monsieur !

Pour le découvrir, en urgence, si vous ne connaissez déjà ce génial créateur, c'est ici :
http://www.nicolasmartin.net

Je pose un stéthoscope sur notre film, et ça fait...

(...)

-       signal sonore du réveil du bulballon
-       respirations de Moann et Ciobeck endormis ?
-       agitation progressive avec allumage des feux dans les nids
-       foule qui se rassemble en bas de l’esplanade, échos ds la caverne
-       frottement d’aile de Ciobeck contre Moann endormie
-       effort de Moann qui se redresse dans son nid
-       foule rassemblée prête à entamer sa marche
-       pas en marche vers le grand mur
-       becdor qui se déplace = bruit ferailleux ?
-       échos/brouhaha dans salle du grand mur
-       piétinement de pattes qui s’installent
-       frôlement, frottement de corps dans la foule
-       rumeur autour du grandsaile désigné
-       marche solitaire vers le grand mur
-       pattes qui foulent le promontoire
-       rumeur foule qui s’estompe jusqu’au silence
-       déplacement de la grosse pierre obstruante
-       efforts des bulballons
-       mouvement foule éblouie par lumière

(...)

(extrait de la liste des bruitages du film)






... Quand Zao-Wou-Ki vient visiter Gaëlle !

"Montrer en dissimulant, briser et faire trembler la ligne directe"
Henri Michaux

Quel arbre on devient ?

Dans "Végétal", d'Antoine Percheron (ed. L'escampette), dont on pourrait dire qu'il a inspiré un pan de cette histoire, le narrateur voit son corps en déroute se transformer, et peiner dans cette vie-là, et se demande juste... "quel arbre on devient ?"...

Si d'Ombres et d'Ailes était un manga de seconde zone !


Johanna, à ses minutes perdues, a imaginé Moann version Manga !
Ca donne ça...

On a bien rigolé.

Vous auriez préféré ?


Ce que fait Golaem !

http://vimeo.com/92143755

Et une petite pincée de 3D !


.
A nos côtés cette semaine dans les studios, et depuis un mois chez Golaem, il y a Axel qui travaille avec nous.
Axel est graphiste chez la start up rennaise spécialisée dans la génération de foule numérique Golaem.
(http://golaem.com)
"D'ombres et d'Ailes" sera donc un film en 2D. Mais la 3D va s'inviter dans quelques plans précieux
pour nous permettre d'animer nos foules d'oiseaux lorsque par centaines ils vont traverser la caverne, rire d'un bulballon, se passionner pour l'ombre d'une indignée, et réaliser qu'un autre monde est possible...
Ah ! On s'approche de "la réalité virtuelle" comme dirait Artaud.

Moann et Ciobeck

Il y en aura peu,
mais elles seront là,
bien là,
sous la plume d'Eleonora,
les images de douceur de nos héros,
dans leur monde peu respirable !...


on se demande parfois si ça contamine pas...

Gaëlle, en plein décor...
(photo : Eleonora)

trouver la voix...

























Le film s'est toujours imaginé avec un apport littéraire assumé par une ou plusieurs voix. Mais quel est le bon apport ? Le monologue intérieur, les pensées télépathes, la narration extérieure, le récit au passé, le dialogue au présent ? Ou le silence, le silence de la pensée, seulement dit par l'image... et la musique, bien sûr. Comment sentir que la parole est juste ou juste de trop ? Comment faire en sorte qu'elle emmène plus loin le spectateur, plus loin que ce que ses yeux captent, et lui apporte un autre chemin parallèle, poétique, enrichi, ... Le beau dilemme que voilà, que je tourne en boucle, moi qui vient plus encore des mots que de l'image, et qui leur trouve une utilité essentielle...


ça dort pas là-dedans !

Vous vous demandez ce qu'on fait n'est-ce pas ?
D'Ombres et d'Ailes ne dort pas, je vous (r)assure !
Ca turbine dans tous les sens, en fait, si l'on en croit le tableau prévisionnel qui s'habille de couleurs, de croix, de "fait", si l'on en croit les dossiers informatiques qui se gonflent, les serveurs qui se transmettent moult lignes, les petites cernes sous nos yeux... 
Bon. Y a encore du travail... mais ça travaille.
Shinta et Natacha sont à pied d'oeuvre de leurs studios de Genève sur les animations qu'Eleonora leur prépare en dessins et indications techniques et moi en intentions émotionnelles ; Johanna alterne entre ses animations 2D et les cycles de déplacement des personnages en 3D qui vont permettre, avec l'aide des studios Golaem, de faire marcher, vibrer, réagir des foules entières de petits oishommes et Gaëlle poursuit la mise en décor de cette caverne aux bleus et verts d'outre-tombes. 
Nous attendons de pied ferme notre prochaine recrue masculine : Gwendal, qui rejoint l'équipe d'animation dès lundi matin. Sommes 7 oiseaux, maintenant, pour le beau projet zélé !




Dans les coulisses de D'Ombres et d'Ailes, il y a...

... plus de monde qu'on le croit !
Des producteurs, deux co-réalisatrices, trois animatrices (et bientôt quatre !), une lay-outeuse décoratrice, un graphiste 3D, un staff de prod, vingt-cinq collègues de bureau à pied d'oeuvre sur des merveilles d'anim, et parfois, y a même des chouquettes et le magazine Causette... ça fait du monde derrière le rideau !





Et maintenant... ils marchent !

Tandis que Johanna nous fait voler les bulballons, et se torsionner les becdors,
ça y est, Eleonora, cet après-midi,  a fait marcher les grandsailes !
Et en cadence s'il vous plaît !

les autres, soi,...


"N’est-ce donc pas un fait évident que ce que je suis dans mes rapports avec autrui crée la société et que, si je ne me transforme pas moi-même radicalement il ne peut y avoir aucune transformation dans la fonction essentielle de la société ?

Lorsque nous comptons sur un système pour transformer la société, nous ne faisons qu’éluder la question ; un système ne peut pas modifier l’homme, c’est l’homme qui altère toujours le système, ainsi que le démontre l’Histoire. Tant que dans mes rapports avec vous, je ne me comprends pas moi-même, je suis la cause du chaos, des malheurs, des destructions, de la peur, de la brutalité. Et me comprendre n’est pas affaire de temps ; je puis me comprendre en ce moment même."

J. Krishnamurti "La première et dernière liberté" 



Combien ?
















"Il faut beaucoup d'indisciplinés pour faire un peuple libre"
Georges Bernanos


photo tirée du film "Pina" de Wim Wenders.

Attention beauté : "La migration des arbres" de Johanna Lurie



Très beau travail que celui de Johanna Lurie !
Sa "migration des arbres" est sans doute son film le plus onirique et le plus graphique.
Une beauté... à partager !



"la survivance des lucioles"


"(...) Nous ne vivons pas dans un monde, mais entre deux mondes au moins. Le premier est inondé de lumière, le second traversé de lueurs. Au centre de la lumière, nous fait-on croire, s'agitent ceux que l'on appelle aujourd'hui, par cruelle et hollywoodienne antiphrase, les quelques people, autrement dit les stars - les étoiles, on le sait, portent des noms de divinités - sur lesquelles nous regorgeons d'informations le plus souvent inutiles. Poudre aux yeux qui fait système avec la gloire efficace du « règne » : elle ne nous demande qu'une seule chose, et c'est de l'acclamer unanimement. Mais aux marges, c'est- à-dire à travers un territoire infiniment plus étendu, cheminent d'innombrables peuples sur lesquels nous en savons trop peu, donc pour lesquels une contre-information apparaît toujours plus nécessaire. Peuples-lucioles quand ils se retirent dans la nuit, cherchent comme ils peuvent leur liberté de mouvement, fuient les projecteurs du « règne », font l'impossible pour affirmer leurs désirs, émettre leurs propres lueurs et les adresser à d'autres. "
GEORGES DIDI-HUBERMAN
in "La Survivance des lucioles"


Une minute, un bout de vie...

12 minutes.
183 scènes.
Que celles-ci durent une seconde
ou 25 secondes, elles nécessitent
la même idée surgie
la même recherche affinée,
le même dessin préalable,
le même travail de lay-out,
la même qualité de décor,
la même précision d'animation.

Ici, on apprend l'orfèvrerie...

Durant mes conversations avec un jardinier qui m'est cher, qui s'étonnait du temps passé pour faire naître un film d'animation, je lui montrais sa plus belle tomate. Et l'interrogeais à mon tour sur le temps. Le temps pour qu'une chose en devienne une autre, pour qu'une graine devienne un arbre, pour qu'une idée devienne un film...


Gros ménage de bureau !

Et nouvelle tapisserie de bureau pour Eleonora !


C'est la rentrée pour "D'Ombres et d'Ailes" !

... et Bubul le bulballon est au rendez-vous !

méditation pré-aoûtienne !

"La seule façon de rejoindre autrui en profondeur est d'aller vers ce qu'il y a de plus profond en soi-même. En d'autres termes, de suivre le chemin inverse de celui que prennent les esprits dits "généreux".
Cioran, De l'inconvénient d'être né.



la beauté du travail de Gaëlle

Le Lay-Out, l'architecture des plans qui vont composer le film, réalisé par Gaëlle d'après les planches de story board et les concepts décors d'Eleonora, est une oeuvre à part entière...
En voici quelques morceaux choisis :





Nathalie, Volodine, le bleu...













Hier, Nathalie Marcault est venue nous interviewer pour qu'un papier dise un peu plus des coulisses de "D'ombres et d'Ailes", sur les sites de Film en Bretagne et Anim en Bretagne.
L'occasion pour nous de recevoir, en retour de nos intentions-explications, son regard, tout neuf, posé sur l'histoire et l'univers du film.
Elle nous a notamment évoqué de grandes similitudes avec un livre. Un livre écrit en 1991, qui ne va pas tarder à prendre place à nos chevets, je crois : Alto Solo d'Antoine Volodine.
Voilà ce qu'en cherchant sur internet, je trouve à son sujet... Troublant...

"Construit de façon linéaire, écrit dans une tonalité aérienne qui le rend aussi fragile qu'une note de violon, Alto Solo évoque parfois le conte oriental (doit-on dire populaire ?). Les mots y sont autant de portes ouvertes sur un fantastique qui réunirait en une tonalité nouvelle les Russes et Bioy Casares. Ainsi en est-il de ces “ oiseaux ”, métaphore utilisée par les nazillons pour qualifier les travailleurs immigrés, qui infléchit soudain le livre vers le merveilleux. Vers une enfance qui dissout l'ordre gris de la ville totalitaire : “ Il regarde par la fenêtre. En fait, ce n'est pas une fenêtre, mais l'ouverture d'une caverne où habitent des oiseaux. Dehors, tout est à pic, tout est bleu, soleil bleu, abîmes bleus. Quand il se penche, il aperçoit des volcans, des lacs, des coulées de lave, des montagnes que couronne une neige d'azur. La brise est légère, tiède, embaume. Il se penche un peu plus à la lisère du précipice. Les étendues d'herbe scintillent, les oiseaux planent, traversent le ciel plumes frémissantes. Certains ne sont pas ses congénères, mais cela lui est égal. Il sait que, malgré son aile blessée, il pourra voler. ” »" Dominique Guiou

La pensée du lundi...

"Je n'ai pas rencontré un seul esprit intéressant qui n'ait été largement pourvu en déficiences inavouables."
Cioran, De l'inconvénient d'être né.

Quand Eleonora voit bleu...




ça s'anime dans les cavernes !

Six, c'est le nombre d'oiselles à travailler désormais sur notre "D'ombres et d'Ailes", avec Johanna, qui vient de rejoindre l'équipe et qui débute cette semaine les premières mises en mouvement de nos personnages. Avez-vous déjà vu voler ou marcher un bulballon ? Héhé... ben nous, oui, désormais !
Etape magique et émouvante de notre longue marche !
L'animation commence, et ceux qui passent devant notre salle aquarium admirent sans doute nos essais comiques et acrobatiques en réel, de marche, de nage, de vol...
Détailler, décomposer chaque geste, jusqu'au cillement... tout un art !
Pendant ce temps, Eleonora demeure de tous les fronts, Gaëlle, tel Platon, emmène nos personnages au dehors de la caverne, dans un monde bellement inédit, et Shinta et Natacha, de leurs bureaux de Genève, vivent au son des bleus de la caverne et des bords du Rhône !... C'est beau un film qui nait.


"Strange Fruit" de Hili Noy et Shimi Asresay... à voir absolument !

http://euromedaudiovisuel.net/p.aspx?t=videos&mid=103&l=fr&did=1899


La paisible routine quotidienne d'un père et son fils est interrompue par une rencontre avec un garçon inconnu d'une couleur différente.
Une allégorie du racisme comme une épidémie culturele acquise, Strange Fruit examine si ce racisme découle de notre conscience personnelle ou de l'éducation que nous recevons de nos familles et de l'environnement. Pouvons-nous vraiment insister pour avoir un système de croyance personnelle, quand ce que nous devons croire nous est dicté ? Strange Fruit montre comment nous acquérons facilement la peur et la haine de l'étranger, ainsi que la facilité avec laquelle nous pourrions devenir les « étrangers » et les « autres » nous-mêmes.

sur l'allégorie de la caverne

A l'inverse de Platon, je ne considère pas que le monde sensible demeure la prison de l'âme.
Cette dichotomie monde sensible/monde intelligible me paraît discutable.
Le système d'enfermement et de conditionnement a justement coupé les habitants des sens que la nature, leurs corps et leurs âmes transposés dans celle-ci,  pouvaient leur offrir, au profit d'un système d'apparence, de pouvoir, de gloire.
Sortir permettrait certes d'échapper aux dangers de la pensée de groupe étriquée mais surtout d'aller vers son véritable soi... fait de sensations et de réception de la nature environnante !


copyright : inconnu

énigme !

Mais que traînent donc derrière eux, ces deux personnages nommés "bulballons" et vers où vont-ils ?


Le monde ou nous ?



CIOBECK

C’est curieux n’est-ce pas
On respire, on existe, au chœur des autres
On se croit d’ici, des leurs…
mais un jour, presque sans prévenir,
ce goût d’indignation dans nos becs.

Est-ce le monde, autour ?
 ou seulement nous, Moann ?…



Une équipe !



C'est ce que nous sommes, avec deux nouvelles recrues pour le projet, en plus de Gaëlle : Shinta et Natasha, arrivées ce matin de Lausanne et de Genève pour amorcer cette nouvelle phase de DÉCOR !
Une équipe franco-suisse, puisque "D'Ombres et d'Ailes" est sans frontière !!!!!!



Story Board, 40ème rugissante version !


Après quelques grandes semaines d'immersion et de travail, la 40 ème version,  l'ultime, de notre squelette, de notre architecture, de notre armature, à faire tenir debout tout ce petit monde en 12 minutes,  autrement appelée story-board (débuté, rappelez-vous, grâce à la plume de Jean-Claude Rozec !), a été finalisée sous le stylet, la palette et la souris magiques d'Eleonora.

180 images, comme autant d'amorces d'actions, de pas d'histoire, de touches de réflexions, qui bout à bout tricotent le fil du film.





Perles Cioran-iques... à dire en rigolant...

" J'ai décidé de ne plus m'en prendre à personne depuis que j'ai observé que je finis toujours par ressembler à mon pire ennemi".

"Si le dégoût du monde conférait à lui-seul la sainteté, je ne vois pas comment je pourrais éviter la canonisation" 

Cioran, in De l'inconvénient d'être né.




Moann

Si Ciobeck est le héros de l'histoire, Moann en est le personnage principal...
Malgré quelque chose d'étrange en elle, qui survient, et la rend différente,
elle veut croire à la peuplade, au collectif, au groupe.
Elle pense que l'identité collective est encore possible.
... Mais la pensée encavernée a peu à peu raison de ses congénères.

Y a-t-il un terreau respirable, où se poser devient possible ?



© : Christophe Guerard, "l'oiseau enraciné dans le ciel".



Créer un monde d'oishommes...


A force d’aveuglement et de pensée unique, les habitants de la caverne ont oublié ce qui fait la qualité et la liberté des oiseaux qu’ils sont : leur capacité à voler.
Le système à la pensée déviante, qu’ils ont certainement voulu, les a conduit à vivre enfermés dans un entre-soi, et à leur faire oublier l’usage de leurs ailes. 
Du moins pour voler, car la perversité du système mis en place,  a fait, par contre, des ailes, l’obsession esthétique et le moyen d’accéder au pouvoir pour certains d’entre eux .
Le fonctionnement sociétal, organisé selon un système de privilèges ou castes, sépare les oishommes en trois catégories : becs d’or, grandsailes et bulballons.

Dans cette caverne, à quelle catégorie serions-nous associés ?



Ciobeck, c'est un nom d'oiseau ?


Ciobeck, c'est le nom de notre (anti ?) héros. Peut-être le spectateur ne le saura-t-il jamais, si son prénom n'est pas prononcé, mais qu'importe, il a, pour nous qui le faisons vivre et s'animer, un nom, un caractère, une histoire, un dessein, bien au-delà de son portrait croqué...

C'est en lisant "De l'inconvénient d'être né" de Cioran qu'est venu l'idée d'en faire un personnage presque aussi extrême dans sa pensée désabusée, une touche de Beckett en plus...
"Ciobeck" est ainsi né.

Sollers voyait Cioran comme "un intégriste du scepticisme, un terroriste du doute, un dévot de l'amertume, un fanatique du néant".
Comment donc en quelques dix minutes d'histoire, lui donner toute l'épaisseur et la complexité voulue ?

... en lui offrant comme compagne, son antithèse, peut-être...




Quand Zrika nous fait voir l'ombre autrement...

"Je suis toujours touché par la tendresse des ombres, le silence des coins, la grandeur des petites choses, l’itinéraire paisible d’une fourmi, et le scintillement des mots, voltigeant comme des petits papillons ici et là. Tel un voyeur, je regarde mes mots bouger comme des petits insectes, jusqu’à ce qu’ils s’effacent dans la blancheur d’une page. J’aime être dans la pénombre, car cette dernière m’a accompagné durant presque toute ma vie. Une petite bougie me suffit pour tenir compagnie à cette amie qui m’enchante tant. Le soleil ne m’a jamais secouru. Il est d’une autre planète. Tout pour moi sort de cette pénombre, et s’élève vers la petite musique de mes premiers pas sur cette terre."

Abdallah Zrika, Bougies noires, Editions de La Différence

(merci Françoise !)


photo : Freddy Rapin

Un seul enjeu : sortir des cavernes bleu-marine...


A quoi sert l'art, sinon à dénoncer l'inadmissible. L"'indignez-vous" de Hessel a accompagné certaines étapes de l'écriture du film. Dans l'allégorie de la caverne, Platon décrit les chaînes qui entravent la perception des hommes. Que sont ces chaînes sinon l'ignorance, la servitude et l'aliénation, le tout, conduisant à une vie qui est une forme de non-vie ?...

de l'Ombre



"Il est des gens qui n'embrassent que des ombres, ceux-là n'ont donc que l'ombre du bonheur ?" Shakespeare, "Le marchand de Venise"

Une nouvelle plume avec nous dans l'équipe, dès lundi : Gaëlle !

... Pas trop besoin de mots pour décrire son talent, allez-donc plutôt voir son site :

http://www.gaellediotneant.com/

Aux studios de Vivement Lundi, avec nous, Gaëlle va faire le Lay-Out du film.

"Euh... c'est quoi le Lay-Out ?" demandent les néophytes ?

"La fonction du layout est le pivot central entre les deux phases distinctes de production que sont la conception graphique (tout ce qui est fait avant le story-board) et la fabrication même d’image animée. Il consiste à insérer des personnages et autres éléments, animés ou non dans un décor."

Promis, on vous montrera des images bientôt !

L'In-Thé-Rview d'Eleonora avec la Caravanim !



En décembre, la Caravanim a reçu Eleonora pour parler de son parcours, de son travail, ... et de notre "D'Ombres et d'Ailes".

A écouter ici :
http://vimeo.com/94504712

Et pour découvrir le beau travail de ce collectif de créateurs et techniciens de l'animation, c'est ici :
https://www.facebook.com/anim.caravanim

Terre et Ciel


"La terre se nourrit d'empreintes
Le ciel se nourrit d'ailes"

Miguel Angel Asturias, "La Chasse".